Assassiné parce qu’il était gay
Ils assassinèrent leur fils parce qu’il était gay. Les parents de François Chenu écrivirent pourtant aux meurtriers.
Le 13 septembre 2002, un vendredi, François Chenu partit pour le week-end à Reims. Peu avant, il avait dit à ses parents qu’il était gay. Il avait été convenu qu’il leur présenterait bientôt son ami.
La soirée commença dans un bar gay. Il y apprit que le parc Léo-Lagrange tout proche était un lieu de rencontre pour hommes. Il s’y rendit.
Dans le parc attendaient trois jeunes hommes de la mouvance néonazie, le plus jeune avait à peine seize ans. Ils étaient sortis pour tabasser quelqu’un, et ce n’était pas la première fois. N’ayant pas trouvé d’Arabe, ils s’en prirent à un gay. François ne se laissa pas intimider. Ils le frappèrent et lui donnèrent des coups de pied jusqu’à ce qu’il perde connaissance, puis l’abandonnèrent dans l’étang. Il se noya. Deux jours plus tard, un promeneur découvrit le corps. Quand sa sœur demanda de ses nouvelles à la police, on la conduisit à l’institut médico-légal.
Chez eux, les agresseurs racontèrent ce qui s’était passé. Les parents du plus jeune brûlèrent le portefeuille et la pièce d’identité, mais utilisèrent le téléphone portable de la victime. Cela mena les enquêteurs aux trois. Chez l’un d’eux, la police trouva des objets nazis. En octobre 2004, ils furent condamnés à de longues peines de prison.
Ce qui suivit est plus inhabituel que le procès. Jean-Paul et Marie-Cécile Chenu écrivirent aux meurtriers de leur fils. L’un d’eux répondit. Avec le plus jeune s’engagea une correspondance qui dura des années. De cette expérience naquit en France une association pour la justice restaurative.
Le réalisateur Olivier Meyrou a suivi la famille pour son documentaire « Au-delà de la haine » (Beyond Hatred). Il montre des parents qui veulent comprendre plutôt que haïr.