Fin des poursuites contre les hommes gays
Après un vif conflit, la loi dépénalisant l’homosexualité entre en vigueur en Nouvelle-Zélande en 1986.
Le 8 août 1986 entra en vigueur en Nouvelle-Zélande le « Homosexual Law Reform Act ». La loi mettait fin aux poursuites pénales contre les actes sexuels consentis entre hommes à partir de 16 ans et créait une majorité sexuelle unique pour toutes les relations sexuelles dans le pays.
L’impulsion vint de la députée travailliste Fran Wilde, qui déposa la loi le 8 mars 1985 au Parlement comme proposition de loi d’initiative parlementaire. Elle avait auparavant travaillé en étroite collaboration avec des organisations queer. Le projet comprenait deux parties : la première prévoyait la dépénalisation des actes sexuels entre hommes, la seconde l’interdiction de la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle dans l’emploi, le logement et les services.
Les mois suivants furent marqués par un débat social et politique d’une rare violence. Les opposantes et opposants recueillirent selon leurs propres dires plus de 800 000 signatures contre la réforme, dont une grande partie se révéla plus tard non valable. L’affrontement fut émotionnel et parfois agressif ; il y eut notamment un incendie criminel contre des archives du mouvement lesbien et gay.
Le 9 juillet 1986, le Parlement adopta la première partie du projet par 49 voix contre 44. La seconde partie, l’interdiction de la discrimination, fut en revanche rejetée, laissant les personnes queer sans protection juridique contre les désavantages. Le gouverneur général donna la sanction royale le 11 juillet 1986 ; selon le texte, la loi entra automatiquement en vigueur 28 jours plus tard : le 8 août 1986.
Les actes sexuels entre femmes n’avaient jamais été explicitement interdits en Nouvelle-Zélande, mais les lesbiennes subissaient la même stigmatisation sociale que les hommes gays et soutinrent résolument le mouvement de réforme. Pour les hommes gays, le 8 août 1986 signifia pour la première fois dans l’histoire de la Nouvelle-Zélande la possibilité d’avoir des relations sexuelles consenties sans craindre les poursuites et la prison.