Un gouvernement tombe, une Première ministre lesbienne lui succède
Le gouvernement islandais tombe dans la crise financière. Le même jour est prononcé le nom de la première cheffe de gouvernement lesbienne.
Le 26 janvier 2009, le gouvernement du Premier ministre Geir Haarde se brisa à Reykjavík. Depuis octobre, la crise financière secouait l’Islande : les grandes banques s’étaient effondrées, la couronne était en chute libre, le Fonds monétaire international avait dû intervenir. Semaine après semaine, des milliers de personnes manifestaient devant le Parlement, et certaines manifestations dégénérèrent en émeutes. Ce lundi-là, c’en était fini. La coalition avec les sociaux-démocrates était à bout.
Le jour même fut prononcé un nom qui fit dresser l’oreille à l’international. La présidente des sociaux-démocrates, Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, proposa la ministre des Affaires sociales Jóhanna Sigurðardóttir comme future cheffe du gouvernement. Âgée de 66 ans, elle siégeait à l’Althing depuis 1978. Elle avait commencé sa carrière comme hôtesse de l’air et syndicaliste et passait pour la femme politique la plus populaire du pays.
Elle vivait en outre ouvertement avec une femme, l’écrivaine Jónína Leósdóttir. Pour les médias étrangers, c’était la vraie nouvelle. Pour la première fois, une personne ouvertement homosexuelle était sur le point de diriger un gouvernement. En Norvège, le ministre des Finances gay Per-Kristian Foss avait certes assuré brièvement les affaires en 2002, mais seulement comme suppléant, pendant que le chef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères étaient à l’étranger.
En Islande même, sa vie privée ne jouait guère de rôle. La question était de savoir qui sortirait le pays de la crise. Le 1er février 2009, Jóhanna prêta serment, première femme à la tête d’un gouvernement islandais. L’organisation LGBT britannique Stonewall parla d’une étape importante. Ce qui comptait, c’est que les jeunes voient que toutes les voies leur sont ouvertes.
La solution de transition dura plus de quatre ans. Sa coalition gagna les élections d’avril, et Jóhanna resta en fonction jusqu’en 2013.